Lumières et résonances du Stambeli, une musique africaine de transe (el Ouergli/Molki/Bahri/Nagemi)

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Lumières et résonances du Stambeli est une célébration du rituel Stambeli par une vidéo-projection au sol associée à de la peinture et des effets numériques. La performance dessinée des deux performeurs graphiques Farah Bahri et Yukao Nagemi est renforcé par la musique traditionnelle de Stambeli, de racines centrafricaines issue de cérémonies vaudous. Elle est jouée par le musicien de renommée internationale, Salah el Ouergli, accompagné de Slim Molki. La narration poétique est composée de quatre morceaux musicaux et de leurs images réalisées en live. Elle évoque d'abord l'origine maritime de la figure sacrée de Sidi Mansour, puis le public fait l'expérience de trois rituels symboliques de la cérémonie traditionnelle de Stambeli: l'allumage des bougies, le sacrifice et la transe/danse.

La performance audiovisuelle est un voyage émotionnel associant les rythmes de la musique à la magie des peintures numériques en direct. Les médias numériques, la performance de dessin en direct (presque dansée) et la musique de transe traditionnelle de ghombri et chakh-chakh se mélangent de manière harmonieuse, reflétant l'esprit de l'ancienne cérémonie chamanique. L'enchantement du medium numérique (dans lequel les composants techniques sont invisibles) contribue à l'impact émotionnel de l'œuvre, ainsi qu'au pouvoir répétitif et presque hypnotique de la musique. La performance graphique au sol évite la distance et la domination d'une vidéo-projection en écran. En localisant les graphiques horizontalement et à côté du public, ce dispositif évite d’évoquer la culture de l'écran et la «société du spectacle». Il rappelle le lien entre les danseurs Stambeli et le sol, et les trajectoires de leur danse. Il combine une peinture dansée sur le sol avec des figures et des traces pixélisées.

Puisque trois surfaces de dessin et de peinture sont disponibles - une tablette numérique, un dessin sur papier capturé par une caméra et la surface du sol recouverte de papier - les deux performeurs graphiques peuvent contribuer simultanément au rendu graphique en agissant ensemble sur le papier au sol ou en dessinant sur les autres surfaces. Étant donné que les effets numériques ajoutés à la tablette et aux dessins captés par la caméra sont pulsés par la musique, les quatre interprètes (2 graphistes et 2 musiciens) sont perçus par le public comme faisant partie d’un unique groupe audiovisuel et non comme la juxtaposition d’un dessin et d’une musique live. Les gestes, les effets graphiques, la musique et la « danse » du dessin pulsent sur le même tempo. En évitant tout effet d'illustration ou de décoration, et en évoquant de manière cohérente la double impression visuelle et auditive des rituels, ce spectacle invite le public à participer à une véritable cérémonie et à en recevoir le pouvoir spirituel.

L'événement reçu un très bon accueil du public. Il a été bien couvert par les médias tunisiens : une interview au journal du soir de la télévision nationale tunisienne, une interview partie #1 et partie #2 sur le programme alternatif Radio Misk et sur le programme culturel RTCI, un documentaire complet (28 minutes) sur le Site Web de Radio Misk et d’autres documents de media de moins grande diffusion. Même si l’événement n’a été diffusé que sur le territoire tunisien, nous sommes convaincus qu’il pourrait susciter l’intérêt du public dans d’autres pays du Maghreb qui ont des musiques rituelles de même nature que le Stambeli (le Diwan en Algérie et le Gnaouas au Maroc), et l’intérêt du public d’autres parties du monde en raison de ses fortes racines ethniques mêlées à une performance graphique numérique.